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Enfants surdoués : Dr. Olivier Revol, "Ils sont plus anxieux que les autres"

          Le Dr. Olivier Revol, psychiatre de l'Enfant et de l'Adolescent et auteur du livre "On se calme ! Enfants agités, parents débordés" paru en septembre 2013 aux éditions Lattès, lève le voile sur les difficultés de l'enfant à haut potentiel et nous livre ses conseils, à l'occasion de sa conférence "Forces et faiblesses de l'enfant à haut potentiel" aux Entretiens de Bichat du 26 au 28 septembre 2013.

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Relaxnews : Quelles sont les principales difficultés de "l'enfant à haut potentiel" ?
Dr. Olivier Revol : Les difficultés dépendent de l'âge de l'enfant. Le bébé maitrisera le langage très vite, ce qui est plutôt un point fort. Pour l'enfant en bas âge, on rencontre des difficultés au niveau éducatif, ce que l'on appelle le "syndrome de Kirikou". Comme dans le dessin animé, l'enfant est très malin, mais il veut tout faire tout seul et n'accepte pas les consignes, les règles à la maison. A l'école, le principal obstacle c'est qu'il s'ennuie, ça ne va pas assez vite pour lui et il risque de s'agiter.

Le début des vraies difficultés, c'est l'arrivée en 6e. Il ne partage pas les mêmes codes que les autres. Il ne s'intéressera pas aux habits par exemple, alors que le "look" sera très important pour ses camarades. Les enfants à haut potentiel sont souvent victimisés, rejetés par les autres. C'est un problème d'isolement. Arriver à l'âge adulte, ça va mieux. Ils se retrouvent en phase avec les autres et ces problèmes disparaissent.

 

R : Existe-t-il des moyens de diagnostiquer précisément ces particularités ?

Dr. O.R. : Oui, dès l'âge de 2 ans et demi, on peut demander un test de Q.I., fait par un psychologue. Il faut conseiller les parents pour mettre en place des aménagements pédagogiques adaptés. Surtout, ces enfants sont plus anxieux que les autres, ils se posent pleins de questions sur le monde qui les entoure, sur la vie, sur eux-mêmes. Il faut parfois les emmener voir un psychologue ou un pédopsychiatre, qui les aident à en parler. Mais ces mises en place sont toutes récentes.

Il faut surtout les canaliser très tôt. Si on leur laisse prendre l'ascendance, ils transgresseront les règles. Il faut les contenir, leur mettre des limites, mais en comprenant pourquoi ils sont comme ça et en discutant avec eux, en les rassurant. Dans les écoles, il existe des classes spécialisées réservées aux précoces, le collège peut se faire en 3 ans au lieu de 4, par exemple. Mais il n'en existe pas beaucoup. Il faut savoir qu'1/3 d'entre eux n'arrivent pas au lycée à cause de leur décalage. Ils sont souvent en échec scolaire.

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R : Selon vous, quelles seront les dispositions prises dans le futur ?

Dr. O.R. : Une nouvelle circulaire, applicable à la rentrée, commence à proposer aux professeurs, aux psychologues scolaires et aux directeurs d'école de se former pour s'adapter à chaque cas en les intégrant. Les enfants à haut potentiel vont dans la même classe que les autres, mais avec des aménagements spécifiques.

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R : Quels conseils donneriez-vous aux parents pour accompagner au quotidien l'enfant à haut potentiel ?

Dr. O.R. : Essayer de le comprendre. En tout premier lieu, il faut demander de l'aide au médecin de famille qui reconnaitra un enfant à haut potentiel, saura conseiller et trouver des solutions adaptées à chaque cas. La seconde étape sera le psychologue.

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RelaxNews. (2013, 22 septembre). Enfants surdoués : Dr. Olivier Revol, « Ils sont plus anxieux que les autres ». ladepeche.fr. https://www.ladepeche.fr/article/2013/09/22/1714569-enfants-surdoues-dr-olivier-revol-sont-plus-anxieux-autres.html

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